Qu’est-ce qui me titille?

Je me suis souvent demandé quel serait mon angle si je me mettais à maintenir un blog. J’ai toujours su qu’il faudrait que ce soit l’histoire d’une femme franco-américaine sporadiquement en proie au doute quant à son statut, son identité et ses choix de pays et de vie.

Apres de longues réflexions, j’ai repensé, non sans nostalgie, à mes années à l’école, aux dissertations, et au fait qu’on ne rend jamais une copie qui n’a pas de problématique.
Une problématique, c’est quelque chose qui donne matière à débat. Chez Kant, c’est un « jugement dont on admet l’affirmation ou la négation comme simplement possibles ». Pour moi, une problématique, c’est quelque chose qui titille.

Quelque chose qui titille… Alors je me suis posée une question simple: qu’est ce qui me titille le plus?

La réponse c’est qu’il y a plein (trop?) de choses qui me titillent dans la vie. Pour ne citer qu’elles :

Le conflit entre l’absolu et le relatif
L’amour
L’ambiguïté de mon identité culturelle
La politique et les infos (et leur traitement par les media)
Le sens de la vie
Le secteur de la musique et le fait qu’il parte complètement en quenotte et soit en crise
L’industrie de l’édition et le fait que cela soit bouche et en crise
La famille et le rapport à la famille
L’amitié
L’écriture
L’art, la démarche artistique
La mémoire
La loyauté
Mon rapport à mon pays d’accueil (les Etats Unis)
Mon rapport à mon pays natal (la France)

Et c’est là que j’ai pris ma décision: l’angle de mon blog sera mon rapport à la France et aux Etats-Unis.

La France, pays qui garde le quasi monopole de mon cœur et qui m’inspire une fierté inébranlable culturellement, linguistiquement, esthétiquement, et entre autre dans les domaines de l’histoire, de l’écologie, de la littérature, du théâtre.

Et les Etats-Unis, mon pays d’adoption, le pays d’Obama, celui où je vis, le pays de l’espoir, le pays où l’on ne baisse pas les bras, le pays où on ne dit jamais « je ne peux pas », où tout est possible à condition de le vouloir et d’y travailler, pays qui vous ouvre ses portes, vous donne sa chance, pays au sein duquel se côtoient et s’aiment tant de personnes de cultures différentes et dans lequel chaque ethnie apporte sa richesse et son héritage.

Ce que j’aime le plus dans ce choix d’angle, c’est que tous les domaines entrent en ligne de compte dans le rapport de quelqu’un à son (ses?) pays. Ainsi, toutes les autres choses qui me titillent dans la vie participent forcément au même débat.

Et alors, comme cela arrive dans la vie de tout écrivain (ou personne qui écrit?) je me retrouvai aussitôt après avoir pris cette décision dans un rare moment d’exaltation. Je ressentis l’état jubilatoire de celui ou celle qui vient de trouver son angle. Ce dernier s’impose à vous avec une intensité difficile à retranscrire. C’est ce que l’on ressent lorsque quelque chose vous a comme “choisi”, et que tout à coup, vous vous sentez investi d’une mission qui vous tient tellement à cœur qu’elle vous fait presque l’effet de s’être emparée de vous. Le doute n’est plus possible. C’est comme un immense coup de foudre.

Alors je me lance, dans l’espoir d’échanger avec d’autres sur le sujet, et peut-être aussi de rencontrer des gens qui ont le même « titillement » que moi car je n’en rencontre pas assez dans ma vie à mon goût. 

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